éditorial du 13/09/2007

POTI-EDITO. PAROLES DE JEUNES, regards croisés
NOTRE CREATION THEATRE - FORUM 2007



En résonance avec Augusto BOAL, créateur du théâtre de l’Opprimé qui affirme :

LE THEATRE EST UNE ARME , C’EST AU PEUPLE A S’EN SERVIR »,

Avec notre projet PAROLES DE JEUNES, regards croisés, nous disons aussi :

« LA PAROLE EST UNE ARME ; C’EST AUX JEUNES À S’EN SERVIR

Permettre aux jeunes de prendre la parole, c’est leur permettre de restituer la juste réalité de leur existence ; à contrario de déclarations ou de propos qui les stigmatisent plus qu’ils ne les valorisent…. Surtout lorsque ces mêmes propos visent particulièrement la jeunesse des quartiers populaires.

Aussi, depuis le début de l’année, une dizaine de jeunes du quartier de l’Elsau élaborent avec d’autres jeunes et des adultes, le spectacle « PAROLES DE JEUNES, regards croisés », à l’aide de la démarche du théâtre – Forum, technique du théâtre de l’Opprimé.

Le spectacle est créé au Centre socioculturel de l’Elsau le 20 octobre ; puis tourne dans les centres sociaux et culturels de Strasbourg, au TAPS GARE et dans deux communes du Bas Rhin, OBERNAI et HOCHFELDEN
(Voir calendrier de la tournée)

Comme toute création artistique, ce spectacle est l’aboutissement d’un long processus.

De février à Juin, les improvisations à partir des récits de vie, des jeunes et des adultes nous ont permis de collecter une somme d’éléments concrets que nous avons matérialisés en août dans une dramaturgie que nous mettons en répétition depuis début septembre.

Tout au long de ces mois de travail, la confrontation entre les jeunes et les adultes a conduit à de nombreux débats , parfois passionnés, tendus et libérateurs , qui ont permis d e rappeler aux adultes de ne pas se cristalliser sur les approximations comportementales des jeunes , eux qui aussi ont été jeunes :

Une des scènes du spectacle montre bien que la mémoire des adultes s’occulte quelque peu lorsqu’on vient évoquer les travers ou bêtises qui restent bien le patrimoine de chaque individu en devenir.

En retour de cette expérience, les jeunes peuvent mieux comprendre ces adultes qui les regardent à travers des lorgnettes quelque peu embuées et aussi réaliser que ces mêmes adultes peuvent être leur mère ou leur père.

Apprendre à se connaître, c’est aussi savoir se reconnaître à travers l’autre et pouvoir partager des moments de « regards croisés » pour construire une œuvre que l’on jette sur le tapis de la scène comme une pelote encore entre- mêlée des écheveaux de la vie et des aléas de l’existence, afin qu’ensemble, comédiens témoins et public avocat , dénouent positivement les nœuds d’incompréhension d’un monde adulte qui pourrait oublier que la jeunesse reste son avenir existentiel.

Nous sommes heureux de pouvoir bientôt vous offrir « PAROLES DE JEUNES, regards croisés » qui reflète la somme des qualités de générosité et d’amour que chaque jeune, chaque adulte a su offrir à l’ensemble du groupe pour vous la restituer sur scène pendant cette période de représentations.

Pour mieux vous permettre d'appréhender notre spectacle , nous présentons ici, le descriptif des scènes qui constituent PAROLES DE JEUNES, regards croisés

CONTENU ET ENJEUX DU SPECTACLE


PAROLES DE JEUNES, regards croisés
aborde les points de vue, les témoignages et les attentes aussi bien des jeunes, principalement ceux issus des quartiers populaires, que ceux des adultes toutes catégories sociales confondues.

Le spectacle commence par des scènes flashs qui brossent de façon rapide les multiples aspects de vie et de situations dans lesquelles se trouvent impliqués les jeunes … ce qui permet de mieux comprendre le pourquoi des choses qui font que trop souvent, et à tort, il y a stigmatisation d’une partie de notre jeunesse.

C’est pour cela que la scène suivante se décline en « pensées à voix haute » qui expriment ce que ressentent, vivent et espèrent ces mêmes jeunes pointés du doigt.
en témoignant de leur humanité qui contrebalance les images plaquées qui entretiennent l’incompréhension ou l’ignorance de leur nature propre.

Puis viennent les scènes de vie sur lesquelles le public sera invité à « faire forum » c'est-à-dire à débattre collectivement sur les situations non conformes à l’esprit de la République de justice et d’égalité entre tous.

« La tante expulsée »
met en lumière les reconduites aux frontières de personnes étrangères , même si une situation humainement exceptionnelle n’en motive aucunement cette décision : Cette tante n’est- elle pas venue de son Maroc natal pour soigner une sœur très malade que la famille ne peut accompagnée de façon constante toute la journée.

« Quitter l’école pour nourrir sa famille »
est l’histoire de ce jeune garçon, brillant dans sa scolarité et qui ambitionne une situation élevée dans le monde de l’entreprise et qui sacrifie ses études pour travailler et faire vivre la famille à l’annonce du licenciement de son père, trop âgé pour retrouver un emploi.

« Les femmes »
nous font découvrir le regard négatif, le rejet des jeunes gens des cités à l’encontre de ces jeunes filles « qui couchent », ces « filles- mères » qui pensent affirmer leur féminité à être une femme désirée.

« Solidaire jusqu’où ? »
dévoile les limites, les difficultés des jeunes des quartiers populaires qui arrivent à décrocher des « jobs « intéressants , arrivent à des responsabilités d’équipes et se trouvent confrontés à l’incapacité de certains de leurs « potes » à tenir un poste de travail que ce jeune qui réussit procure justement à ces mêmes potes.

« Le cercle vicieux »
montre bien la difficulté rencontrée par certains jeunes qui, à cause d’un niveau d’étude assez faible et en manque de qualification à la suite de petits boulots en période de chômage, sont entraînés, malgré eux, par l’engrenage du besoin d’argent qui les rend vulnérables et ainsi, deviennent des proies faciles pour les dealers qui savent exploiter leur crédulité, leur naïveté et les entraînent dans « un trafic » qui les conduira en prison.

« Mobilité rurale «
La dernière scène nous fait découvrir la réalité crue et peu connue des difficultés que connaissent les jeunes gens des milieux ruraux qui débutent dans la vie active et qui se trouvent en but aux obstacles qui les empêchent d’accéder facilement à l’emploi ou aux stages de formation ,tout simplement parce que dans leurs villages ou petites villes, il n’y a pas de train, peu ou pas de transport en commun et que passer son permis de conduire demande de faire face à des frais qu’ils peuvent couvrir : Pas d’argent, pas de voiture, pas de voiture, pas de travail.

Jean Michel SICARD septembre 2007

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